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8 : Un étrange sentiment
Les roues de la voiture du commissariat de proximité de D… ralentissent le long des bâtiments ocres du haras Seguin. À votre sortie de l’habitacle, une odeur équine se mêle à une atmosphère bien différente, coupée des vents de la vallée du Rhône par une jeune forêt qui la rend stagnante. L’air a ce grain poisseux qui se dépose dans les poumons, et les hautes herbes murmurent des avis anciens.
Fixant la plaine humide, vous ressentez un malaise comme si sur les eaux se portait l'écho d'un malheur. Vous affermissez votre expression, mis mal à l'aise, et entrez au domaine en quête d'impressions meilleures.
Le soleil doré luit sur l’eau immobile et, parmi la végétation brillante, un clapotis que vous n’entendez pas.
Au bout des box, desquels dépassent des têtes équines paisibles et curieuses, une silhouette voûtée que vous reconnaissez pousse une brouette chargée de paille. Vous élevez la voix pour vous signaler :
- Monsieur Seguin, c'est ça ? 
La silhouette tourne son visage blafard vers vous. Vous parcourez la distance qui vous sépare encore de lui, jusqu’à vous trouver à portée d’une voix calme, mais intriguée :
- C'est moi, oui. 
- Bonjour, lieutenant Chancla, de la police criminelle. Excusez mon passage à l’improviste, mais j’aurais quelques questions à vous poser. 
- Euh… oui… bien sûr. Bien sûr. 
- Nous pouvons discuter tandis que vous les nourrissez, si vous préférez. Je ne voudrais pas m’interposer entre eux et leur repas. 
- Oh, oh…
ce sont des animaux patients, ils sont bien plus conciliants que les humains. Même si certains ont du caractère… comme celui-ci. 
Comme pour confirmer ses paroles, le cheval à votre gauche lance la tête en l’air en soufflant par les naseaux. Il arbore une robe alezane au poil brillant et vous semble, à première vue, plus grand que ses voisins.
- Comment il s’appelle ? J’ai toujours trouvé drôle la culture des noms de chevaux. Les Noisettes, Sucre ou Quenotte. Le cheval que ma sœur aimait monter s’appelait Quenotte. 
- Elle, c'est Cherchembrouille. 
- Sérieusement ? 
- Bien sûr. 
Le cheval opine du chef comme une nouvelle confirmation et vient asséner un coup de museau au propriétaire du haras.
- C’est une idée d’un de mes élèves. À peine née, elle s’amusait déjà à foncer sur tous ses congénères. Mais on lui a appris à canaliser cette énergie. 
Cherchembrouille chasse l'air de ses naseaux. La main de Seguin descend doucement en caressant son crâne.
- Vous étiez au bar de Dany hier, c'est ça ? 
- Tout à fait, on s’y est aperçus. C’est là que j’ai su que vous étiez un ami des Moreau. C’est à propos d’eux et d’Amélie que j’aimerais vous poser quelques questions. 
- J'essayerai de faire de mon mieux. 
- Amélie venait ici, n'est-ce pas ? 
- Oui, plusieurs fois par semaine pour monter. C'était une plutôt bonne cavalière. C'est triste, sa disparition…
vous avez des pistes ? 
- D'abord des questionnements. Les réponses que j'y apporterai définiront les pistes. 
- Excusez-moi. 
- Qui réglait les cours ? Ses parents ? 
L'homme a du mal à cacher son malaise.
- Non… c’était… Ils ont voulu arrêter à cause de l’argent, justement. Il y a un peu plus d’un an, presque deux. J’ai convenu avec eux qu’elle puisse venir sans qu’ils aient à payer quoi que ce soit. 
- C'est très généreux. 
Seguin hausse une épaule. Son regard se pose sur le cheval alezan.
- Il y a d'autres personnes ici qui bénéficient d'un tel traitement ? 
- Non, c'était la seule. 
- Pourquoi elle ? 
- Ses… ses parents avaient quelques difficultés financières. 
- Combien de fois venait-elle ici par semaine ? 
- Cela pouvait changer, mais généralement les lundis, mercredis, vendredis et certains samedis. 
- Une vraie passion à peu de frais. 
L'homme ne répond rien.
- Vous la voyiez souvent, donc. Avait-elle l’air différente un peu avant sa disparition ? Préoccupée ? Vous a-t-elle parlé de quelque chose ? 
- Non… non… rien de tout ça. 
- D'envies d'ailleurs ? 
- … 
- Monsieur Seguin ? 
- Elle cherchait des études dans la mode sur Marseille ou Lyon. C'est tout ce que je sais. 
- On a trouvé ses carnets de dessin, effectivement. Ses parents le savaient ? 
- J’ai cru comprendre qu’ils n’étaient pas très d’accord. 
- Pour une question financière ? 
- Oui. 
- Savez-vous si Amélie avait trouvé un moyen de gagner un peu d'argent ? 
Nouveau silence gêné. L'homme fait rouler son talon sur le béton poussiéreux.
- Monsieur Seguin ? 
Il baisse la tête.
- Amélie cachait de l'argent dans son plancher. Vous savez d'où provient cet argent. 
- C'est … elle travaillait ici.
Pas officiellement, c'était plus comme un coup de main que je rémunérais. 
- Depuis combien de temps ? 
- Depuis que ses parents ont voulu annuler son inscription. Elle aimait les chevaux, s’occupait bien d’eux, alors on avait convenu tous les deux qu’elle viendrait m’aider de temps en temps au haras et qu’en échange, elle pourrait continuer à monter. 
- Là, je reconnais déjà un peu plus l'humain. 
Le noir de ses yeux se renforce. Vous regrettez votre remarque.
- Ne le prenez pas mal. Cela reste une main tendue, tant que vous ne l’exploitiez pas. 
- Oh non, non… surtout pas.
C’est elle qui a proposé et, comme elle venait travailler beaucoup, j’ai commencé à lui donner quelques gratifications en plus des cours. 
- Sa présence au haras a encore augmenté quand vous avez commencé à lui donner de l'argent, j'imagine. 
- Oui… elle voulait profiter du lycée pour mettre de côté assez d'argent pour pouvoir financer ses études, au moins le début. Elle aurait trouvé un travail à côté ensuite. 
- C'était un moyen de s'affranchir de ses parents. 
Il hausse une épaule.
- Les Moreau ignoraient tout de votre accord avec Amélie ? 
- Bien sûr. 
- Comment auraient-ils réagi s'ils l'avaient appris ? 
- Ils… c'est…
Attendez, qu'est-ce que vous insinuez ?! Ils ne lui ont rien fait !
C'était… c'était qu'un peu d'argent. 
- Un peu plus de quatre mille euros. C'est beaucoup pour une jeune fille de seize ans. 
- Non… non… ils ne le savaient pas, et ils aimaient leur petite fille ! Vous ne pouvez pas ! 
- Calmez-vous, je pose seulement des questions. Je n'insinue rien. 
La chaleur dans la voix du propriétaire s'apaise et retrouve son feutré malhabile. Sa main revient sur le museau du cheval.
- Excusez-moi. 
- Ce n'est rien, je comprends que sa disparition puisse vous affecter… vous l'aidiez. 
- … 
- Pour vous, pourquoi elle a disparu ? 
Le regard du propriétaire s'égare sur le sol. Sa main continue de caresser l'animal.
- Elle est peut-être partie plus tôt… peut-être qu'elle pensait que c'était le moment. 
- … le moment ? 
- … Oui, enfin, c'est une manière de parler. Je suppose. 
- Hm… voici mon numéro. Si un détail important vous revient, appellez-moi. 
- Bien sûr. J'espère qu'on saura vite où elle est. 
- Oui… je vous laisse à vos chevaux. J'ai assez retardé leur déjeuner. Bonne journée. 
Revenant sur vos pas, vous traversez les box et quittez le bâtiment. De retour près de la voiture, vous vous adossez contre elle et observez l’horizon, le téléphone pendu à l’oreille.
Deux, trois sonneries.
- Allô ? 
- Ouais, c'est moi. Qu'est-ce que ç'a donné avec les parents ? 
- Rien de bien nouveau. Cette histoire d'argent, ça ne leur a pas plu. 
- Ils avaient une idée de sa provenance ? 
- Aucune, mais le père était nerveux.
À ce propos, j’ai… je sais pas, il y a un truc qui cloche chez lui. Je pense qu’il faudrait creuser de son côté. 
- C'est un jugement personnel ou ton objectivité qui t'amène à le penser ? 
Silence.
- Je sais pas, pour être honnête.
Et toi sinon, avec l'homme qui murmure à l'oreille des chevaux ? 
- L'argent, c'était lui. Amélie donnait un coup de main ici contre des cours et un peu d'argent. Ça faisait plus d'un an qu'ils faisaient ça. Elle mettait de côté pour faire les études qu'elle voulait. 
- Hm… et lui, il est comment ? 
- Plus à l'aise avec ses animaux qu'avec les humains. Un solitaire, je pense, mais un bon gars en apparence… 
Un vent inconnu couche en vagues indolentes les hautes herbes et les fait briller d’éclats à perte de vue. La mer étend jusqu’à vous la main de ses embruns.
- … Je connais cette voix. Il y a un truc qui te chiffonne ? 
- Cet endroit… Les gens sont tous sympas dans le coin. Au village, au bar, ici… je sais pas… quelque chose me met mal à l'aise avec ça. 
- C'est le mal du pays qui te rend aigri ? 
- … peut-être. 
- Bon, ramène tes fesses et la voiture, car sans elle avec Sandra on est coincées ici. 
- Je sais. J'arrive, j'en ai pour une quinzaine de minutes. À tout de suite. 
Vous raccrochez, scrutant toujours le paysage.
Devant vous, ce n'est déjà plus la terre, mais ce n'est pas encore la mer. Hostilité tendre.
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Quittant le parking de la rue parallèle, vous revenez sur la place du village et longez les terrains de pétanque. Au village, tout donnait l’impression que la vie filait simplement, réglée par une méthodique normalité qui glissait sur la peau des locaux. Votre pas pressé contrastait avec cette tranquillité.
Vous atteignez la rue du commissariat, tournez à l’angle d’une maison et vous y engagez lorsqu’une sonnette de vélo tinte. Arraché à vos pensées, vous relevez brusquement la tête. Juste le temps d’apercevoir un regard qui ne vous quitte pas. 
Puis les yeux disparaissent au détour de la place, emportés par un vélo dont vous aviez à peine distingué la silhouette.
Vous restez quelques secondes immobile, revenu sur le trottoir, l’esprit encore suspendu à cette rencontre fugace. Puis vous reprenez votre marche.
Assise sur les marches devant le commissariat, une longue chevelure blonde se tourne dans votre direction. Derrière ses lunettes orange, Claire Lantier affiche une expression étrange, une moue pincée.
- Qu'est-ce que tu fais là ? 
- Je t'attendais… enfin, ON t'attendait. 
Elle désigne d’un mouvement de menton la jeune femme à la peau pâle, appuyée contre un réverbère de l’autre côté de la route. La tête penchée et les bras croisés, elle vous observe tous les deux d’un regard assuré. Lantier lui fait signe de se rapprocher.
- Qui c'est ? 
- Elle ne veut pas le dire, mais c'est pas le plus important. 
- Bonjour. 
- Bonjour… 
- Dites-lui ce que vous m'avez dit. 
Le regard détaché de la jeune femme glisse jusqu’à vous. Un sourire semble se dessiner sur ses lèvres, comme s’il ne leur appartenait pas tout à fait.
- Lieutenant Chancla, c'est ça ? 
- Lui-même. 
- Il faut que vous et votre collègue veniez avec moi. Ma tante doit vous parler. C’est à propos de la jeune fille disparue. 
Vous cherchez le visage de Lantier pour comprendre, mais y lisez surtout que ce n'était pas tout. Vous interrogez la jeune femme.
- Qu'est-ce qu'elle sait à propos d'Amélie Moreau ? 
- Où elle se trouve. 
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Votre voiture est garée au bord d’un chemin plus au sud, là où la terre se fait toujours plus doucement mer. Le sel se mêle à la terre, et la moiteur du limon interfère avec l’humidité du large. À votre droite, l’étang de Vaccarès s’étend, le premier de ceux de la région. Sa surface parfaitement lisse ressemble à une feuille de papier glacé. Une main y aurait peint des morceaux de terre verte, à peine émergés, clairsemés d'une végétation basse qui vous est inconnue. C'est un immense œil, ovale, un œil observant les oiseaux en son centre se nourrir de lui. Vous, vous êtes au bord.
- C'est par là. 
Votre étrange guide vous fait longer un menu bras d’eau qui s’échappe de l’ovale. Là, à cheval sur les marais et sur l’eau claire, se tient une vieille construction de bois en appuis contre une butte et les pieds dans l'eau, dominée par le chemin où vous vous trouviez. Deux voitures sont garées près d’elle. Le vent salé de l’est se lève et bat les cheveux de Lantier. Derrière ses lunettes, un regard dubitatif. Une inquiétude.
La même appréhension vous hérisse la peau. Mentalement, vous visualisez le poids de votre arme à votre ceinture.
Vous cheminez jusqu'à cette sorte de demi-maison creuse. À son entrée, seulement des escaliers qui descendent. Votre guide vous invite à les emprunter. Les marches asséchées grincent sous votre poids. Vous découvrez une esplanade ouverte sur l’eau, deux hommes affairés autour de caisses à droite et, à gauche, une gitane qui répare un filet. Sous sa chevelure noire, les traits de son visage sont droits et marqués, et son œil plissé est poché par les années. Elle semble mâcher sa propre langue en travaillant. Ses mains se suspendent à votre arrivée. Sa mâchoire s’immobilise.
- Bibi, c'est les gardés. 
La gitane relève la tête et vous dévisage. Les deux hommes ralentissent leur travail et vous fixent. Claire Lantier s’avance sur la plateforme de bois sans quitter ces derniers des yeux.
- Messieurs. 
Un reniflement de nez pour toute réponse. Votre collègue se tourne vers la "nièce".
- Pas très causants. 
- C'est pas contre vous. 
- Je sais, c’est contre la plaque dans ma poche. Bien habillés pour des pêcheurs, en tout cas. Plutôt propres. 
Un des hommes arque un sourcil et échange un regard avec votre guide.
- Bibi, dis ce que tu m'as dit. Ils sont là pour la minche. 
- … 
- Bonjour madame… votre nièce nous a dit que vous saviez où se trouvait Amélie Moreau, c'est vrai ? 
- … 
Son regard en biais, muet, a un poids singulier. Clair comme l’eau à quelques mètres de vous, étrange. Vous le ressentez jusque dans vos os. Lantier, elle, surveille toujours du coin de l’œil les deux hommes qui s’affairent autour des caisses.
La nièce se fait insistante.
- Bibi… 
- Elle est dans les Impériaux. Cherchez quand l'eau est basse. 
- Quand l'eau est basse…
Qu'est-ce que c'est les Impériaux ? 
- Un étang par là bas, après le Vaccarès. 
- Vous l'avez vue ? 
- Non… non, je ne quitte pas la terre. Jamais. 
- Comment savez-vous qu'elle y est ? 
La gitane garde le silence.
- Ma tante… entend des choses. 
- Elle entend des choses ? 
- Les esprits me parlent. Ils crient. 
- Ils crient ? 
- Ils crient. 
Le regard de la gitane vous pèse. Vous vous tournez vers la nièce.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? 
- Vous devriez l'écouter. 
- Non mais… 
- Qu'ont-ils crié ? 
- Ils ont porté les appels de celle qui dort dans les Impériaux. Depuis longtemps. Vous devez aller faire taire cette voix pour qu’ils ne crient plus. 
La gitane mâche à nouveau sa langue. Le vent s’infiltre dans l’esplanade en sifflant entre les lames du plancher. L’un des deux hommes ne quitte plus Lantier des yeux. Son regard est mauvais.
- Vous avez conscience que je ne peux pas me baser là-dessus pour entamer la moindre action ? 
- Vous devriez, juste cette fois. 
- Mais c'est du délire ! 
La gitane claque son outil contre le bois de la table. Même Lantier se tourne vers elle.
- Allez la chercher elle et les autres. 
- Les autres ? 
- Bibi ! 
L’expression de la nièce a changé. Après avoir voulu que sa « tante » parle, elle veut visiblement qu’elle se taise. Votre attention bondit de l’une à l’autre jusqu’à se fixer sur la gitane.
- … Madame, qui a mis Amélie Moreau là-bas ? 
La gitane tourne son regard vers sa nièce. Celle-ci lui défend tacitement de répondre.
Vous faites deux pas vers la gitane. Une caisse tombe derrière vous. Lantier se retourne, la main sur son arme. Les hommes se tiennent à distance, en face d’elle, mais semblent se préparer à intervenir.
- Chancla, je pense qu'on a fait notre temps ici. 
- Qu'est-ce qu'elle ne veut pas que vous disiez ? 
- … 
- Bibi non ! 
- … 
- Non. 
Le craquement du plancher dans votre dos.
- Chancla, on y va ! 
La gitane relève son menton et plante ses yeux dans les vôtres.
- Que veux-tu savoir ? 
- Ce que vous vouliez me dire. 
- Tu marches, tu respires, mais tu n'es pas encore né. Cela viendra. Ce sera douloureux mais je te le promets : un jour tu naîtras. 
- … 
- Elle, elle est déjà née. 
Les yeux de la gitane se sont levés vers Lantier, qui vous tourne le dos, la main toujours sur son arme, pour faire face aux deux hommes qui s’approchent de vous.
- Chancla ! On s'en va ! 
Vous faites le dernier pas qui vous sépare de la gitane et lui saisissez le bras. Sa peau sent la fumée, et cette odeur envahit vos poumons.
- Amélie Moreau, qui lui a fait ça ? Répondez. 
- … La bête du Vaccarès. 
Ces quatre mots résonnent dans sa gorge. La gitane se signe. Lantier vous saisit le bras et vous entraîne de force dans l’escalier. Vous retrouvez l’extérieur sans comprendre, peinant à revenir à vous, puis vous vous dirigez vers la voiture à la suite de votre collègue.
- Merde Chancla ! Qu'est-ce que tu foutais ?! Tu attendais que ça tourne mal ?! 
- J'ai… 
- Putain ! 
Vous atteignez la voiture, vous retournez. Personne ne vous suit. Claire soupire en s'asseyant sur le capot.
- On fait plus de plans foireux comme ça…
Hé, ça va ? 
- Oui… oui… je… 
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? 
- Qui ? 
- Hé bah, la vieille. 
- Je suis pas certain… 
Le lieutenant Lantier remet sa chevelure en ordre en grommelant. Enfin, elle relève la tête et tourne son regard vers le ciel. Vous, vous fixez la construction de bois au bord de l’eau. Elle semble mourante, prête à se laisser tomber dans les eaux qui l’entourent.
- Bon… qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? 
- De tout ça ? 
- La gitane, les Impériaux. 
- Tu veux vraiment faire ratisser les Impériaux en te basant sur ce qu'elle a dit ? 
Claire Lantier hausse les épaules.
- T'as mieux à proposer ? 
- Attends, tu te rends compte que c’est à cause de ce genre de conneries qu’on a été envoyés ici ? Si on demande des renforts, qu’on fait fouiller l’étang et qu’il n’y a rien, on nous demandera d’expliquer notre « intuition ». Qu’est-ce qu’on répondra à ce moment-là ? Qu’est-ce qu’il nous arrivera quand Barrios l’apprendra ? 
- Et si elle y était vraiment ? Je l'envoie chier la folle avec les voix dans sa tête… mais si tout ça c'était juste… et si elle y était ? 
- La région a déjà été fouillée à l'époque ! 
- Pas là-bas. Dans le dossier, il est dit qu’ils ont seulement cherché dans les alentours du village et dans les marais à l’est de l’étang de Vaccarès. 
- T’es vraiment sûre de l’envoyer complètement chier, elle et ses voix ? 
- C'est pas la question. 
- C'est celle qu'on nous posera si on ne trouve rien. La dernière avant de dissoudre notre brigade. 
- … 
- … 
Qu'allez-vous faire ?
1) Faire demander la mise en place de moyen pour faire fouiller les rives de l'étang des Impériaux.

2) Enquêter sur le père Moreau en se basant sur le mauvais ressenti qu'avait eu Lantier. 
3) Vous aimeriez bien en savoir plus sur Ernest Dumont. 
A) Vous rendre tous les deux chez lui. - B) Claire ira chez lui,. Vous, vous demanderez à Sophie ce qu'elle sait sur Ernest.
4) Rappeler Sophie pour savoir ce qui se dit sur Seguin.

5) La propriétaire doit bien connaître les gens du villages et et les environs. Aller lui parler. 